Département Economie Rurale
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Item Diagnostic de la filière bovine lait en région semi aride et aride de l'Est Algérien(2025-06-16) DEBECHE, El HaouasL’Algérie est le premier consommateur de lait au Maghreb, avec près de 6 milliards de litres par an. La filière lait en Algérie a subi des mutations profondes depuis l’indépendance en 1962. Plusieurs programmes de développement ont été mis en œuvre pour promouvoir les différents segments de la filière pour qu’elle puisse répondre à une demande croissante en lait et produits laitiers. Notre travail comporte trois parties, La première partie intitulée ; Dynamique de la filière bovine lait en région semi aride de l’Est Algérien donne un aperçu sur la filière et analyse les données qui proviennent d’un réseau de collecte de lait cru de 6 wilayates de l’Est. L’objectif dans cette partie est d’analysé les effets de la politique publique récente, initiée depuis 2008 visant le développement de la filière bovine lait sur la production, la collecte et la transformation du lait produit majoritairement par des exploitations familiales de petite et moyenne dimension, à travers des subventions significatives pour la production, la collecte et la transformation. Les résultats obtenus révèlent un développement significatif de l’amont de l’entreprise depuis 2009, visant à sécuriser ses approvisionnements en lait. La quantité de lait collecté est passée de 5,9 millions litres en 2009 à 58,94 millions en 2015, soit une progression de 998,98%. Le nombre de collecteurs est passé de 12 collecteurs en fin 2009 à 85 en fin 2014 et 76 en 2016, soit une progression de 633,33%. Le nombre d’éleveurs passe de 255 éleveurs en 2009 à 2496 en 2014 ce qui représente une augmentation de 807,45%, suivi d’une chute à 2059 en 2016. Le nombre de vaches laitières a augmenté de 2170 vaches en 2009 à 17620 en 2014, puis une chute à 15874 vaches en 2016. Par contre, à l’échelle exploitation, le rendement moyen par vache et par jour n’a pas subit d’augmentation significative (9,76 L/V/J en 2009 vs 9,55 L/V/J en 2015). Dans la deuxième partie intitulé ; Facteurs de variation de la composition physico - chimique du lait cru produit en région semi aride de l’Est Algérien. On a essayé de déterminer les caractéristiques de lait cru produit dans la région d’étude, et voire les variations de ces caractéristiques d’une zone à l’autre et d’une saison a une autre. L’objectif de cette partie est de déterminer les facteurs de variations des paramètres physico-chimiques de lait cru de vache produit par des éleveurs rattachés à une laiterie privée représentative des grands groupes agroindustriels, située dans une région semi aride. Les éleveurs sont répartis sur six wilayas de l’Est algérien (M’sila, Setif, Constantine, Batna, Bordj Bou Arreridj, Mila). Les analyses de lait sont réalisées sur des échantillons de lait de mélange dans les laboratoires de la laiterie. Les échantillons du lait de vache utilisés pour effectuer les différentes analyses physicochimiques provenaient du lait collecté par le réseau de collecte de la laiterie. Le pH ; la valeur moyenne obtenue de pH du lait analysé est de 6,71±0,06, il varie entre 6,45 et 6,9. Le lait analysé a une acidité moyenne de 16,3°D, elle oscille entre 14 et 20°D, la saison a un effet significatif sur ce paramètre. La valeur moyenne obtenue pour la densité des laits analysés est de 1030,76±1,25. Le taux de matière grasse obtenu se situe entre 2,8 et 4,01% avec une valeur moyenne de 3,35±0,19%. La matière protéique à un taux moyen de 3,17± 0,14%, il varie entre 2,12 et 3,83%. Les résultats présentent des valeurs d’extrait sec total allant de 10,28 à 13,81%, avec une valeur moyenne de 11,78± 0,4%. Dans la troisième partie intitulé ; Importance de certains résidus d’antibiotiques dans le lait de vache en région semi aride de l’Est Algérien. Cas de la wilaya de M’sila. Cette étude a été réalisée dans le but d’évaluer la présence des résidus d’antibiotiques dans le lait cru de vaches collecté par le circuit de ramassage d’une laiterie représentative des transformateurs de lait produit localement. Dix mille échantillons de lait cru issus des tanks de livraison ont été analysés durant la période comprise entre janvier et juillet 2017. Les échantillons ont été analysés à l’aide d’un kit de détection rapide de résidus d’antibiotiques dans le lait. La quantité de lait contenant des résidus d’antibiotique représente 3,25 % de la quantité globale livrée. Cette proportion varie selon le mois: la plus élevée (p <0,05) était en hiver, durant le mois de janvier, qui représente 8,67 % du total, et la plus basse était celle du mois de juin avec 0,31 %. La contamination par les antibiotiques était variable aussi selon la région : la proportion la plus élevée concernait la région de Boussaâda (p <0,05), 4,19 %, caractérisée par un élevage spécialisé et intensif. L’objectif de cette étude était de sensibiliser les vétérinaires praticiens sur les risques pour les consommateurs des résidus pour qu’ils respectent les délais d’attente recommandés tout en préconisant l’usage d’antibiotique à faible délai d’attente et la sélection d’animaux plus résistants aux mammites.Item Gouvernance territoriale en zone de montagne : Cas du massif des Bibans dans la wilaya de Béjaïa, Commune d’Ighil Ali(2026-02-19) CHOUAKI, SalahCette thèse porte sur la gouvernance territoriale en milieu montagnard en Algérie, à travers une étude approfondie du massif des Bibans dans la wilaya de Béjaïa, Commune d’Ighil Ali. L’objectif central est de comprendre dans quelle mesure les dispositifs institutionnels, les pratiques participatives et les ressources locales peuvent contribuer à un développement durable adapté aux spécificités des zones de montagne. En s’inscrivant dans un contexte marqué par une centralisation historique de l’Etat, la recherche interroge la capacité des collectivités locales à participer activement à la gestion de leur territoire, alors même qu’elles sont confrontées à de multiples vulnérabilités : isolement géographique, pauvreté, pression environnementale, faible accès aux infrastructures et aux services de base. La thèse adopte une approche méthodologique fondée sur le cadre des Moyens d’Existence Durable (MED), combinée à des outils participatifs (entretiens, cartes, diagnostics de genre, transects historiques, focus groups, MARP) et à une analyse multi-niveaux. Elle repose sur une enquête de terrain menée dans quatre villages représentatifs du massif : Kalâa, Tazla, Tiniri et Bélayel. Cette approche permet de dresser un diagnostic précis des contextes de vulnérabilité et de mettre en évidence les stratégies de résilience développées localement. Les résultats montrent que la gouvernance territoriale en Algérie reste largement théorique et peu opérationnelle, particulièrement dans les régions montagneuses. Malgré les réformes annoncées et les dispositifs tels que la Politique du Renouveau Rural (PRR) ou les Projets de Proximité de Développement Rural Intégré (PPDRI), les collectivités locales peinent à jouer un rôle actif, faute de compétences transférées, de moyens financiers suffisants et d’un cadre institutionnel clair. La participation locale, bien que présente dans les discours, reste faible et souvent instrumentalisée. Le capital social des communautés, solidarité, réseaux d’entraide, savoirs locaux, n’est pas suffisamment mobilisé comme levier de développement, alors qu’il pourrait compenser certaines faiblesses structurelles. La recherche souligne que la durabilité des politiques publiques repose sur une meilleure articulation entre les échelles de gouvernance, sur une reconnaissance des ressources territoriales (naturelles, sociales, culturelles) et sur l’institutionnalisation de mécanismes de concertation et de médiation. Elle recommande un renforcement effectif de la décentralisation, une formation ciblée des acteurs locaux, l’intégration du capital social dans les outils de planification, et la promotion de stratégies économiques adaptées (diversification, produits de terroir, tourisme durable). Inspirée par les travaux de chercheurs, la thèse plaide pour une gouvernance polycentrique, résiliente et centrée sur les dynamiques locales. Un changement de paradigme est nécessaire pour que la gouvernance territoriale devienne un levier réel de développement durable dans les zones de montagne : un paradigme fondé sur la participation, l’autonomie locale, la valorisation des savoirs endogènes et la justice territoriale.Item Les défaillances du marché du travail agricole en Algérie. Cas du pôle maraîcher de M’zirâa (Wilaya de Biskra)(2025-12-16) CHAAMI, MarouaneLa pénurie de main-d’œuvre agricole en Algérie, peu étudiée, s’est accentuée ces dernières années, menaçant la viabilité des exploitations. Cette étude empirique se concentre sur le pôle maraîcher de M’zirâa (Biskra). Trois hypothèses structurent la recherche : (1) l’emploi agricole est un segment secondaire du marché du travail, caractérisé par de faibles rémunérations, des postes précaires et peu qualifiés ; (2) les jeunes privilégient des emplois urbains ou recourent aux aides publiques pour créer des micro-entreprises ; (3) la diminution de la main-d’œuvre familiale résulte de la sédentarisation urbaine et de la diversification des activités des membres de la famille. L’étude adopte une approche mixte. La phase quantitative (hypothético-déductive) repose sur des questionnaires menés durant les campagnes 2018 et 2019, auprès de 132 exploitants et co-exploitants et de 18 travailleurs répartis sur 125 exploitations sélectionnées par échantillonnage aléatoire stratifié, complétée par une analyse économétrique utilisant la régression logistique et l’analyse des correspondances multiples sous STATA 14.2. La phase qualitative (abductive), s’appuie sur des entretiens semi-directifs pour analyser les contrats de métayage, avec une comparaison territoriale entre M’zirâa et El Ghrous, réalisée auprès de 52 enquêtés issus de M’zirâa et de 52 autres à El Ghrous, sélectionnés par échantillonnage raisonné. Les résultats montrent que la pénurie de main-d’œuvre est ressentie dans 56.8% des exploitations et devient critique au-delà de dix serres ou de 3.5 ha de cultures de plein champ. Parmi les exploitations touchées, 44% demandent moins de 0.33 ETP et 14% plus d’un ETP. Le métayage apparaît comme une solution privilégiée pour pallier le déficit de main-d’œuvre familiale : 58.5% des exploitants y recourent afin d’anticiper les besoins en travail permanent. Sur un total de 65 977 heures de travail saisonnier, 40% concernent la récolte en plein champ, 18% la récolte sous serre, 22% la préparation des serres et 7% les tâches d’entretien. Le recrutement repose largement sur les réseaux sociaux locaux. Les analyses économétriques confirment que les faibles rémunérations et incitations, jugées insuffisantes tant par les travailleurs que par les nouveaux arrivants, ainsi que les conditions de travail et de vie difficiles, constituent les principaux facteurs de désengagement (coefficients logit négatifs significatifs au seuil de 1 %). Par ailleurs, les emplois dans le secteur tertiaire offrent des revenus plus attractifs que l’activité agricole, de moins en moins rémunératrice et attrayante. Les politiques d’emploi, favorisant la création de micro-entreprises pour les chômeurs, contribuent également à détourner la main-d’œuvre, surtout les jeunes (β = +2.336 ; p < 0.01). Le comportement des jeunes, en quête d’emplois plus flexibles, accentue la pénurie (β = +1.869 ; p < 0.01), tandis que la réduction de la main-d’œuvre familiale, liée à la migration ou à la diversification des activités, constitue un autre facteur clé (β = +1.432 ; p < 0.01). En revanche, le capital humain et les contraintes socio-économiques de la force de travail juvénile apparaissent comme des variables secondaires, statistiquement non significatives malgré leur fréquence respective dans les réponses (62.67% et 55.33%). Pour faire face à la pénurie, les agriculteurs adoptent des stratégies à court terme (augmentation des salaires, réduction des superficies), à moyen terme (cultures moins exigeantes en travail) et à long terme (modification des termes de métayage et adoption de nouveaux arrangements). Des mesures politiques sont envisagées, telles que l’adaptation du droit du travail agricole, la révision des rémunérations et de la sécurité sociale, ainsi que le soutien à des groupements d’employeurs ou à des prestataires privés de placement et de technologies facilitant le travail, afin de rendre le secteur plus attractif, notamment pour les jeunes.Item Marchés fonciers et développement agricole dans le Ziban (Biskra)(2024-02-01) OUENDENO, Mohamed LamineCe travail de recherche a été construit dans une perspective comparative sur le fonctionnement des marchés fonciers (A/V et FVI) dans deux communes limitrophes de la wilaya de Biksra, El Ghrous et Doucen. Les marchés fonciers à El Ghrous ont d’abord été étudiés dans le cadre de la réalisation de mon mémoire de magister ; une étude élargie et approfondie dans le cadre de la présente thèse. Ces marchés sont caractérisés par une grande fluidité en termes de superficies mises sur le marché et aussi en termes de nombre de transactions. Une plasticité des termes de contrat de location et de métayage est également constatée. Cette plasticité a contribué à : (i) la dynamisation du marché de FVI ; (ii) la stimulation du marché à l’achat/vente par l’effet d’entraînement qu’il a provoqué ; (iii) une meilleure perceptive de rentabilisation pour les nouveaux acquéreurs pour rembourser les investissements engagés dans l’achat de la terre et la réalisation de forage pour approvisionner les preneurs. Elle a aussi permis aux acteurs moins dotés en facteurs de production d’entrée à plusieurs niveaux de statuts d’acteur dans une perspective évolutive dans l’échelle agricole (agricultural ladder) ; (iv) Le jeu de ces marchés fonciers ont stimulé le processus d’adoption et diffusion des innovations techniques ; (v) nous constatons un enchâssement social des transactions foncières (A/V et FVI) dans les terres résidentielles qui se traduit par différentes mécanismes (confiance, préférence entre les acteurs, souplesse dans les modalités de paiement, la durée de location et autres objets de transaction, pour les acteurs proches, etc.) ; (vi) une nette différenciation en termes de type d’acteurs (barrière à l’entrée) est remarqué entre les terres familiales résidentielles où les acteurs (acheteurs et vendeurs et aussi les tenanciers) sont de la même famille étendue et les terres non résidentielles qui sont ouvertes aux différents types d’acteurs (y a compris pour les allogènes). Cette différence dans le comportement des marchés entre anciennes et nouvelles terres de mise en culture est due au processus historique d’individualisation et de marchandisation de ces terres et au caractère résidentiel des terres familiales ; (vii) ainsi, nous documentons la réémergence d’une institution foncière qui est le contrat de plantation, vers les années 1990, qui été pratiqué auparavant dans les oasis. Ce type de contrat est un arrangement foncier qui permet aux investisseurs (preneurs) d’accéder à la propriété foncière (après partage de la terre) moyennent le financement des investissements nécessaires à la création d’une palmeraie et le creusement, le cas échéant, d’un forage. La rencontre entre offre et demande dans ce marché foncier est possible par la mobilisation des réseaux sociaux de l’acteur et le recours à l’intermédiation dans certains cas. Ce réseau constitue aussi un moyen efficace de respect des engagements contractuels pour les agriculteurs allogènes. L’effectivité des échanges fonciers, dans les zones d’étude, est assurée par la mobilisation de plusieurs mécanismes qui assurent l’enforcement des engagements contractuels : de la design contractuel au niveau bilatéral au rôle de relations sociales dans le respect de droits échangés.Item La politique rurale en Algérie à l’épreuve de la territorialisation : cas d’étude des PPRDI wilaya de Médéa(2024-06-27) SAIDOUN, RymÀ partir des années 2000, différentes politiques agricoles et rurales se sont déployées en Algérie faisant référence à un modèle de développement rural territorial, parmi lesquelles la Politique du Renouveau Agricole et Rural (PRAR). Une politique ancrée dans l’approche de développement territorial, fondée sur les principes de valorisation des ressources locales et de participation de l’ensemble des acteurs parties prenantes dans l’action de développement de l’agriculture et des territoires ruraux. Afin de pouvoir appréhender ces nouvelles modalités d’intervention publique, nous nous intéressons au PPDRI instrument déployé dans le cadre de cette politique. Cette approche par les instruments nous permettra d’appréhender le changement opéré en matière de territorialisation de l’action publique rurale. L’analyse de la territorialisation des PPDRI s’est faite à travers une grille d’analyse issue de la littérature et un cas d’étude les PPDRI de la wilaya de Médéa. Trois mécanismes de territorialisation sont retenus pour composer cette grille : le territoire d’intervention, la gouvernance territoriale et la valorisation des ressources locales. L’analyse de cet instrument révèle plusieurs distorsions qui ont fait obstacle à la territorialisation des PPDRI. Le territoire de mise en place des PPDRI est un territoire donné. La gestion des projets est dominée par l’acteur public et marquée par la faible participation des parties prenantes au processus décisionnel. La standardisation globale des projets a inhibé toute forme de différentiation et de valorisation des ressources locales.Item Conception et application des politiques foncières en Algérie(2010-12-27) BOUCHAIB, FaouziLa réforme agricole adoptée en Algérie en 1987 (loi 87-19), a décidé le partage des Domaines agricoles socialistes et la création des Exploitations Agricoles Collectives (EAC) et Individuelles (EAI). Cette réforme a introduit deux contraintes : la première impose aux EAC le mode de production collectif et la seconde interdit le mode de faire valoir indirect. Cependant, le morcellement informel et le mode de faire valoir indirect se sont imposés très rapidement. L’enquête qualitative réalisée auprès d’un échantillon de 47 attributaires et intervenants dans le périmètre irrigué de la Mitidja Ouest a montré que l’échec de la forme de production collective et l’évolution vers un morcellement informel a pour origine le passage brutal du système de production autogéré à une forme de gestion collective autonome qui aurait nécessité une préparation. En effet, les attributaires étaient en majorité des ouvriers et donc de simples exécutants dans les Domaines Agricoles Socialistes et le passage du statut d’ouvrier à celui de gestionnaire autonome d’une exploitation collective a été vécu comme une rupture. Par la suite, le morcellement informel des EAC, interdit par la loi 87-19, et l’éclatement du pouvoir de décision économique se sont traduits par une diversité comportementale des attributaires (dix types de comportements) et le développement du mode de faire valoir indirect, également interdit par la loi 87-19. Ainsi, le système de production collectif imposé par la loi 87-19 a été un échec qui s’explique par l’inadaptation des règles formelles à la réalité socio-économique.Item L’accès des agriculteurs au crédit bancaire d’investissement (ettahad) : cas de la wilaya de Laghouat(2023-09-01) OUBRAHAM, FaridEn Algérie, l’agriculture constitue un pilier économique et social important. Elle crée des emplois, fourni les produits alimentaires, contribue à la formation du PIB et à l’amélioration de la sécurité alimentaire du pays devenue un enjeu de souveraineté nationale. Cependant, les exploitations agricoles algériennes demeurent confrontées à d’importantes difficultés de financement. Et parce que beaucoup d’exploitants agricoles sollicitent et/ou accèdent peu au crédit bancaire, ils éprouvent d’énormes difficultés à acquérir les intrants nécessaires pour mener les campagnes agricoles dans de bonnes conditions et ont encore plus de difficultés à investir. Cela se traduit dans les faits par une sous-capitalisation des exploitations agricoles qui, à son tour, se traduit par la faiblesse des rendements qui s’éloignent de leurs niveaux potentiels, ce qui hypothèque leur développement et leur modernisation. Les difficultés d’accès des agriculteurs au crédit bancaire est due en grande partie à aux risques liés à l’activité agricole (climat, maladie et marché), mais aussi à l’indisponibilité d’informations fiables sur leur situation financière et à leur faible taux de remboursement. Cette situation est d’autant plus problématique dans la mesure où, jusqu’à présent, l’Etat lui-même s’avère toujours incapable d’apporter des solutions satisfaisantes et durables. Pour relever ce défi, dans un contexte international particulier marqué par la crise alimentaire mondiale survenue entre 2007 et 2008, l’Etat a revisité l’usage de la bonification des taux d’intérêts bancaires en mettant en place en 2011 le crédit d’investissement bonifié appelé Ettahadi et en créant le Fonds de Garantie Agricole (FGA). L’objectif étant de susciter la demande de financement de la part des agriculteurs et d’impliquer davantage la Banque de l’Agriculture et du Développement Rural (BADR) dans le financement du plus grand nombre d’agriculteurs. L’objectif principal de cette thèse qui porte sur l’accès des agriculteurs aux crédits bancaires d’investissement dans la wilaya de Laghouat est d’évaluer l’effet de la bonification et du FGA sur la demande de financement et l’accès des agriculteurs au crédit bonifié. Pour se faire, une enquête de terrain auprès d’un échantillon représentatif d’agriculteurs de la wilaya de Laghouat a été menée et les données de la Banque de l’Agriculture et du Développement Rural (BADR) succursale de Laghouat ainsi que la convention de financement établie entre le Ministère de l’agriculture et du Développement Rural (MADR) et la BADR ont été analysées. Les principaux résultats auxquels le travail a abouti montrent que : - les motifs religieux (Ribaa) et les lourdeurs administratives induisant des coûts de transaction élevés ont été déterminants et expliquent, en grande partie, le faible recours des agriculteurs à ce type de crédit ; - les risques liés à l’activité agricole, la faible bancarisation des agriculteurs, la faiblesse des garanties, l’absence d’informations fiables et vérifiables concernant les exploitations agricoles et l’absence de contrôle par le MADR sur l’activité « crédit Résumé agricole » de la BADR sont, quant à eux, des facteurs qui ont été à l’origine de la limitation de l’accès des agriculteurs au crédit par la BADR.Item Enjeux, apports et contraintes à la mise en place du système HACCP dans les entreprises agro-alimentaires algériennes(2023-09-26) BOULFOUL, NouaraLa sécurité sanitaire des aliments basée sur le système HACCP fait partie intégrante de la stratégie des entreprises agroalimentaires et de la sécurité alimentaire. Elle constitue un enjeu majeur pour la santé public et englobe l’ensemble des mesures prises pour garantir que les aliments produits et commercialisés sont sûrs à la consommation et ne présentent pas de risques pour la santé des consommateurs. Au terme de notre travail, une enquête est réalisée auprès de 46 entreprises agro-alimentaires ayant adoptées le système HACCP dans la wilaya de Blida et d’Alger. L'étude met en lumière l'importance vitale de la sécurité sanitaire des aliments dans le contexte algérien. Elle souligne également les avantages potentiels du système HACCP, notamment l'amélioration de la qualité des produits alimentaires, la réduction des coûts de production et l'accroissement de la satisfaction des clients. Cependant, elle identifie également des contraintes spécifiques, telles que l’insuffisance des connaissances sur le système, le cout élevé pour mettre en place le système ainsi que la résistance au changement de la part du personnel qui peuvent entraver la mise en oeuvre efficace de ce système. En fin de compte, cette étude offre une perspective globale sur les enjeux auxquels sont confrontées les entreprises agro-alimentaires algériennes lors de la mise en place du système HACCP. Elle met en évidence l'importance cruciale de la sécurité alimentaire dans un contexte national, tout en reconnaissant les avantages potentiels de ce système. Cette analyse approfondie des défis et des opportunités contribue à orienter les décisions des entreprises et des régulateurs dans la quête de la sécurité alimentaire en Algérie.Item Évaluation ex-post du programme pndar: cas de lamise en valeur des terres agricoles en algérien(2023-10-22) Hanafi, WassilaAlors que l’évaluation des effets des programmes publics est une pratique solidement ancrée depuis plusieurs décennies dans les économies des pays développés, force est de constater qu’en Algérie, la prise de conscience de son importance par les pouvoirs publics tarde encore à émerger. Les investigations menées à ce sujet ont conduit à constater le peu de démarches évaluatives en ex-post réalisées dans les programmes agricoles, à l’instar d’autres secteurs publics. En dépit des programmes successifs de mise en valeur conçue au profit des zones rurales, la compréhension des causes du délaissement des terres agricoles et du niveau insuffisant de développement de ces zones demeure vaine en raison de l’insuffisance d’études et d’analyses en termes d’impacts sur les agriculteurs. Ces constatations soulèvent dès lors l’importance de l’ancrage des bonnes pratiques de l’évaluation de ces programmes dans le but autant d’apprécier les effets de ces programmes que d’améliorer la prise de décision. Les investigations effectuées révèlent le peu de travaux de recherche s’appuyant sur une méthodologie rigoureuse à même de permettre l’obtention de résultats utilisables. Ce travail de recherche, soucieux de combler cette lacune, traite de la nécessité de réaliser des évaluations ex-post proprement dites soutenues par une démarche et des techniques appropriées. Appuyée par l’approche basée sur les méthodes mixtes, l’enquête de terrain, menée en 2015 sur une période de six mois, a permis de cibler trois zones agroécologiques retenues sur la base d’un échantillonnage aléatoire afin de permettre une exploration des résultats dans un contexte large et diversifié. La population de notre étude est constituée de 224 périmètres dont 75 sont localisés en montagne, 98 en steppe et 51 au Sahara. Par ailleurs, la nécessité d’alimenter notre recherche en données fiables, nous a conduit à cibler des institutions bénéficiant d’une assise solide ( la GCA, le BNEDER, les DSA et l’ONTA). D’autre part, le recours à des méthodes statistiques descriptives et économétriques ainsi qu’à des simulations s’inscrit dans une visée d’interprétation des données quantitatives. Les résultats obtenus ont permis de mettre en lumière une faible pertinence des décisions liées à la stratégie de développement rural concernant la non-attribution des périmètres réalisés, d’une part et des conflits de propriété du foncier affectant ces espaces (terres attribuées à d’autres programmes), d’autre part. La lenteur constatée dans la mise en oeuvre du programme de transfert de propriété explique une déprise agricole aux répercussions environnementales visibles et préjudiciables. Un autre résultat met en exergue un niveau relativement peu élevé de l’écart mesuré à partir de la comparaison de l’effet de mise en valeur observé sur la création de l’emploi : le non achèvement de certains projets dans trois wilayas, (Mila, Tissemsilt et Illizi). Il en résulte un pourcentage d’efficacité moyen (Δ d’emploi) de 22% comparativement aux prévisions. De même, l’analyse de l’efficience montre que seuls 9 périmètres (3 en montagne, 4 en steppe et 2 au Sahara) ont atteint la frontière d’efficience, leur taille optimale moyenne étant estimée à 135 ha en montagne, à près de 250 ha en steppe et à plus de 487 ha au Sahara. Le coût unitaire moyen de réalisation de ces périmètres efficients s’établit par ailleurs à 149.102 DA en montagne, à 539.376 DA en steppe et à 468.159 DA au Sahara. Un raisonnement symétrique permet de conclure à l’inefficience qui affecte sérieusement les périmètres restants. A ce titre, les résultats (VRS, CRS) sont révélateurs de la faiblesse des scores obtenus par les trois zones agroécologiques étudiées. L’efficience d’échelle (DRS) révèle entre autres un gaspillage énorme de l’investissement (80% en steppe, 73% en montagne et 45% au Sahara). D’autres résultats contribuant à la prise de décision des projets futurs révèlent l’incidence négative de l’analyse de la criticité des causes de mise en valeur en ex-post tant sur le délai de réalisation (indice de criticité 0,25) que sur le dépassement de coût (indice de criticité de 0,21). L’évaluation des impacts des investissements du programme révèle que les nouveaux périmètres n’ont pas eu d’effet durable sur le maintien de l’emploi et les superficies exploitées. Toutefois, le paiement en faveur des incendies (couvrant 14% du budget alloué à la zone montagneuse) a un effet significatif, d’un point de vue statistique, pour le maintien de l’exploitation des concessions. Enfin, les coûts les plus probables pour couvrir les risques de mise en valeur enregistrent des provisions budgétaires de 2 à 4% du coût du projet correspondant à des niveaux de confiance respectifs de 90 et 80%.Item Analyse des déterminants du choix des technologies d’irrigation par les exploitations de la Mitidja(2023-03-08) BELAIDI, SamirL’objectif de cette thèse est d’analyser les facteurs déterminants du processus de l’adoption des TIEE dans la plaine de Mitidja (Zone de Mitidja Ouest, Tranche 1). Sur la base d’une étude empirique, nous cherchons à modéliser le choix de l’agriculteur face à l’adoption de technologie d’irrigation localisée et aspersion, et ce en cherchant les facteurs significatifs qui influencent l’adoption des nouvelles technologies d’irrigation par les agriculteurs et quel effet exerce chaque déterminant sur le comportement d’adoption. Notre thèse confronte les observations de terrain (sur les irrigants enquêtés) aux éléments trouvés dans la littérature sur la sélection des technologies d’irrigation. Pour cela, nous avons mobilisé deux approches du changement technique : l’approche des préférences révélées (mo-dèles économétriques) et l’approche des préférences déclarées. La collecte des données s’est réalisée à travers une enquête auprès de 136 agriculteurs de la zone d’étude. Les investigations empiriques nous ont permis d’orienter la méthodologie du travail vers les modèles de choix, dont les modèles de Logit, Tobit et Poisson/Binomial Néga-tif ont été sélectionnés pour expliquer l’adoption qui est un choix, un taux et une intensité. Les principaux résultats obtenus dans notre thèse stipulent qu’il est clair qu’en parallèle de la politique nationale d’économie d’eau d’irrigation et du programme de subvention des équi-pements d’économie d’eau, le gouvernement doit se concentrer sur un ensemble de mesures d’accompagnement qui pourront promouvoir la diffusion des nouvelles techniques d’irrigation. L’encouragement des jeunes agriculteurs, les programmes d’éducation et de for-mation professionnelle des irrigants, leur sensibilisation, et l’amélioration des mécanismes de financement dans la plaine de Mitidja, peuvent être parmi ces mesures. D’autres formes d’interventions destinées à cette population peuvent être envisagées. Parmi celles-ci figurent l’assouplissement et l’amélioration de mécanismes d’incitation à l’adoption des techniques d’irrigation favorables à la préservation des ressources hydriques. Subventionner la TIEE permettra de réduire le coût et le prix de l’eau pour les agriculteurs qui envisagent de l'adop-ter. Cette politique atténuera potentiellement certains des effets des contraintes de capital sur les agriculteurs, mais seulement dans une faible mesure. Cette étude présente incontestablement des limites qui constituent, en même temps, autant de perspectives de recherche.
