CHOUAKI, Salah2026-06-082026-02-19http://dspace.ensa.dz/handle/123456789/4152Cette thèse porte sur la gouvernance territoriale en milieu montagnard en Algérie, à travers une étude approfondie du massif des Bibans dans la wilaya de Béjaïa, Commune d’Ighil Ali. L’objectif central est de comprendre dans quelle mesure les dispositifs institutionnels, les pratiques participatives et les ressources locales peuvent contribuer à un développement durable adapté aux spécificités des zones de montagne. En s’inscrivant dans un contexte marqué par une centralisation historique de l’Etat, la recherche interroge la capacité des collectivités locales à participer activement à la gestion de leur territoire, alors même qu’elles sont confrontées à de multiples vulnérabilités : isolement géographique, pauvreté, pression environnementale, faible accès aux infrastructures et aux services de base. La thèse adopte une approche méthodologique fondée sur le cadre des Moyens d’Existence Durable (MED), combinée à des outils participatifs (entretiens, cartes, diagnostics de genre, transects historiques, focus groups, MARP) et à une analyse multi-niveaux. Elle repose sur une enquête de terrain menée dans quatre villages représentatifs du massif : Kalâa, Tazla, Tiniri et Bélayel. Cette approche permet de dresser un diagnostic précis des contextes de vulnérabilité et de mettre en évidence les stratégies de résilience développées localement. Les résultats montrent que la gouvernance territoriale en Algérie reste largement théorique et peu opérationnelle, particulièrement dans les régions montagneuses. Malgré les réformes annoncées et les dispositifs tels que la Politique du Renouveau Rural (PRR) ou les Projets de Proximité de Développement Rural Intégré (PPDRI), les collectivités locales peinent à jouer un rôle actif, faute de compétences transférées, de moyens financiers suffisants et d’un cadre institutionnel clair. La participation locale, bien que présente dans les discours, reste faible et souvent instrumentalisée. Le capital social des communautés, solidarité, réseaux d’entraide, savoirs locaux, n’est pas suffisamment mobilisé comme levier de développement, alors qu’il pourrait compenser certaines faiblesses structurelles. La recherche souligne que la durabilité des politiques publiques repose sur une meilleure articulation entre les échelles de gouvernance, sur une reconnaissance des ressources territoriales (naturelles, sociales, culturelles) et sur l’institutionnalisation de mécanismes de concertation et de médiation. Elle recommande un renforcement effectif de la décentralisation, une formation ciblée des acteurs locaux, l’intégration du capital social dans les outils de planification, et la promotion de stratégies économiques adaptées (diversification, produits de terroir, tourisme durable). Inspirée par les travaux de chercheurs, la thèse plaide pour une gouvernance polycentrique, résiliente et centrée sur les dynamiques locales. Un changement de paradigme est nécessaire pour que la gouvernance territoriale devienne un levier réel de développement durable dans les zones de montagne : un paradigme fondé sur la participation, l’autonomie locale, la valorisation des savoirs endogènes et la justice territoriale.frGouvernance territorialeDécentralisationZones de montagneMassif des BibansMoyens d'Existence Durables (MED)Résilience communautaireCapital socialDiagnostic participatifAlgérieDéveloppement ruralGouvernance territoriale en zone de montagne : Cas du massif des Bibans dans la wilaya de Béjaïa, Commune d’Ighil AliThesis