Département Génie Rural

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    Impact de l’efficience d’utilisation, de la productivité de l’eau d’irrigation et du système tarifaire sur la valorisation et la durabilité du système d’exploitation des grands périmètres irrigués ; cas du périmètre de Guelma-Bouchegouf, Algérie
    (2025-10-22) KEBIECHE, Abdelhak
    La présente étude s’intéresse à l’examen de l'impact des indicateurs de performance hydrauliques, agronomiques et économiques, sur l'utilisation et la gestion de l'eau d'irrigation au sein du périmètre irrigué Guelma-Bouchegouf (NordEst de l'Algérie). Elle estime également les effets de ces indicateurs sur la durabilité de l'exploitation de ce périmètre. Elle s'appuie sur l'analyse systématique des données techniques et financières liées à la gestion et l'exploitation du périmètre, mesurées et collectées sur terrain durant la période 2012–2022. Elle se concentre sur l'efficience d'utilisation de l'eau d'irrigation (EUEi), la productivité de l'eau d'irrigation et la tarification de l’eau en vigueur, le tout examiné dans un contexte de stress hydrique causé par le changement climatique. Les résultats obtenus révèlent un taux de l’EUEi moyen de 40,53 %, jugée insuffisante et impactée par des pertes importantes au niveau des réseaux d'adduction-distribution (E1 = 49 %), malgré une efficience à la parcelle relativement élevée (E2 = 82 %), due en grande partie aux progrès enregistrés grâce à l'adoption des techniques économes en eau. L'étude quantifie également la productivité de l'eau pour les cultures de tomate industrielle et de pomme de terre. La valeur moyenne obtenue de 16,24 kg/m³, soit 61,57 L d’eau pour produire 1 kg de tomate industrielle, est nettement améliorée comparativement à celle calculée entre 1996 et 2004. Quant à la pomme de terre, une productivité moyenne obtenue de 6,12 kg/m³ parait plausible comparée à la norme moyenne indiquée par la FAO. Enfin, l'analyse de la tarification de l’eau met en évidence un déficit important, le tarif moyen en vigueur de 2,57 DA/m³ ne couvrant que 23 % du coût de revient moyen du m³ d’eau, livrée en tête de parcelle calculé à 11,08 DA/m³, dont les frais d’énergie de pompage représentent 37,61 % des charges totales d’exploitation. De plus, les redevances issues de la tarification actuelle couvrent à peine 61 % des frais d’énergie de pompage. Les résultats de l’étude montrent la nécessité de faire appel à l’amélioration de la performance du système irrigué par la réduction des pertes de distribution et de parcours par le choix d’un mode de distribution approprié, et à l’introduction des techniques innovantes de la gestion de l’eau à la parcelle. Même si la valorisation de l'eau dépend de nombreux facteurs, notre étude révèle une nette amélioration de cette valorisation avec l’augmentation des rendements. Il existe encore une marge de manœuvre significative pour optimiser l’utilisation de l’eau dans le périmètre de Guelma-Bouchegouf. Aussi, il est supposé que la révision du système tarifaire en vigueur et l’intégration de techniques d’optimisation énergétique puissent contribuer à l’amélioration de la productivité de l’eau et assurer la durabilité économique et environnementale du périmètre.
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    Déverrouillage des eaux non conventionnelles vers de nouveaux modèles-hydro agricole en milieu aride
    (2024-09-24) Bekaddour, Sara
    Le développement démographique et les changements climatiques, se manifestant par de longues périodes de sécheresse, exercent une pression croissante sur les ressources en eau conventionnelles. Afin d'assurer la sécurité alimentaire d'une population en croissance, l'extraction des ressources en eau continue de s'accroître. Cette surexploitation des ressources en eau, notamment souterraines, est très répandue dans les zones arides et semi-arides, dont l'Algérie fait partie. Le recours à une ressource non conventionnelle, telle que les eaux usées traitées, est une solution alternative pour faire face à la pénurie d'eau. Dans l'objectif de dresser un diagnostic de la situation de la réutilisation des eaux usées dans le sud de l'Algérie, cette thèse a pris comme exemple d'étude les oasis de Ghardaia au sud de l’Algérie. Une approche multidisciplinaire basée sur une étude hydrosociologique et hydrotechnique a été élaborée pour analyser la réutilisation des eaux usées et des nutriments dans les oasis de M’Zab à Ghardaia. Nos résultats montrent, en premier lieu, la persistance d'une pratique traditionnelle du recyclage des déchets humains en matière fertilisante à travers l'utilisation des toilettes sèches dans les anciennes oasis du M’zab. Cette pratique s'est étendue vers les nouvelles extensions, expliquée par le fait que l'utilisation des toilettes sèches permet de fournir un engrais biologique à faible coût et assure la protection de l'environnement oasien en luttant contre la contamination de la nappe phréatique. En deuxième lieu, cette thèse a abordé l'émergence d'un nouveau front pionnier agricole en aval d'une station de traitement agricole. Ce front a été motivé par la présence d'une ressource en eau permanente, les eaux usées traitées, ainsi que la disponibilité de la terre et des eaux souterraines proches de la surface. Cependant, l'interdiction de la réutilisation des eaux usées traitées par les autorités demeure une contrainte majeure pour le développement d'un périmètre 115 agricole, expliquée par le manque de coordination entre les institutions et l'absence d'un organisme dédié à la gestion des périmètres irrigués par les eaux usées traitées. Afin d’évaluer la durabilité de cette zone, des analyses hydro chimiques, microbiologiques et isotopiques ont été réalisées. Ces investigations visaient à détecter une éventuelle infiltration des eaux usées dans la nappe phréatique, ainsi qu’à identifier une éventuelle contamination. Des traces de pathogènes ont été détectées dans certains forages. Toutefois, la méthode utilisée n’a pas permis de quantifier avec précision les volumes d’eau potentiellement infiltrés, le cas échéant. Elle a néanmoins permis de surveiller et d’évaluer la qualité de la nappe phréatique et des eaux usées contribuant ainsi à la création d’une base de données pour cette région. Par ailleurs, une nouvelle approche analytique est en cours de développement, portant sur l’étude des contaminants émergents. Cette démarche vise à approfondir l’étude et à fournir des informations précises sur les mécanismes d’infiltration des eaux usées dans la nappe phréatique. À travers cette thèse, nous aspirons également à ouvrir de nouvelles perspectives de recherche et de réflexion sur la réutilisation des ressources non conventionnelles, en mettant en lumière leur importance multidimensionnelle.