Département Economie Rurale

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    Évaluation de la mise en œuvre et de l'équité des politiques foncières redistributives de mise en valeur en Algérie : une analyse de l'écart entre le cadre légal et les pratiques locales.
    (2026-06-16) BAROUD, Khadidja
    Cette thèse s’intéresse à l’évaluation des politiques redistributives de mise en valeur des terres agricoles en Algérie, en analysant les écarts entre le cadre légal et les pratiques locales, ainsi que leurs incidences sur l’équité dans l’accès au foncier. À travers une approche comparative menée dans les wilayas de Laghouat et d’El Oued, combinant entretiens qualitatifs et analyses quantitatives, ce travail met en lumière une application différenciée des dispositifs selon les contextes locaux et la capacité des acteurs, tant institutionnels que locaux, à contourner ou à adapter les règles, ainsi que la présence d’une iniquité procédurale, notamment dans la Grande MEV. L’analyse de l’écart à la règle se décline sur deux plans complémentaires : celui des pratiques administratives et celui des comportements des populations cibles. Les résultats révèlent un décalage entre la temporalité politique (intentions législatives) et la temporalité administrative (pratiques concrètes sur le terrain). Bien que les agents de l’administration respectent globalement le cadre légal, ils exploitent les marges d’interprétation et les zones floues des textes pour adapter leur action aux réalités locales, pour faciliter la MEO des politiques ou de satisfaire des intérêts particuliers. Les interactions entre les responsables locaux et leur contexte social engendrent, à leur tour, une pluralité d’adaptations, conduisant parfois à une application partielle, modifiée, voire à une inapplication de la politique. Ces écarts, souvent tolérés, résultent autant des limites institutionnelles que de considérations sociales et productives. L’analyse des réactions des populations cibles face aux politiques de MEV des terres révèle trois dynamiques majeures. D’abord, les conditions d’accès à la terre ont favorisé une forte individualisation, souvent non régularisée, à l’origine d’un marché foncier informel. Ce dernier, bien qu’en marge du cadre légal, a contribué à un usage productif des terres et à l’émergence d’exploitants performants. Ensuite, les modes d’usage se distinguent par une grande diversité, liée aux profils des agriculteurs et aux ressources disponibles, traduisant la modernisation progressive de l’agriculture familiale. Enfin, l’évaluation de l’efficacité technique met en évidence un potentiel productif important, avec des exploitations informelles parfois plus performantes que les formelles, soulignant la capacité d’adaptation et d’innovation des agriculteurs locaux malgré les contraintes institutionnelles. L’analyse des mécanismes d’attribution foncière montre, par ailleurs, une iniquité procédurale marquée, notamment par l’opposition entre la petite et la grande mise en valeur. Dans la petite MEV, la redistribution foncière repose sur une légitimation locale, fondée sur des critères de besoin et de droit d’usage. Cependant, malgré son apparente équité, la procédure demeure encadrée et limitée par l’administration. À l’inverse, la grande MEV repose exclusivement sur le critère économique de la capacité d’investissement. Les terres sont attribuées à des investisseurs souvent extérieurs à la localité, avec un fort appui politique des cadres de l’État. Cette orientation, bien qu’appuyée par des objectifs de développement et d’emploi, génère localement un sentiment d’injustice et d’exclusion.
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    Performances et gouvernance des entreprises publiques algériennes du secteur industriel agroalimentaire
    (2004) BRASEZ, Fatima
    L’objectif de ce travail est double : • Établir un diagnostic de la situation économique et financière des entreprises du secteur public des IAA ; • Sur la base de la théorie de l’agence qui insiste sur la relation étroite existant entre les performances financières et la qualité du management , essayer de trouver des éléments pertinents d’explication de ces performances dans les caractéristiques et les comportements des dirigeants, administrateurs et membres des conseils de surveillance de ces entreprises. Le document comprend, dans sa première partie, des chapitres qui traitent de l’évolution de l’organisation des entreprises suite aux différentes restructurations industrielles, des stratégies développées par les entreprises afin de répondre à un environnement en perpétuel changement, et présentent les performances réalisées par quelques entreprises agroalimentaires du secteur public (objet de l’étude). La seconde partie, qui s’intéresse au fonctionnement des principaux éléments de gouvernance des entreprises, permet d’analyser le cadre légal où s’inscrivent les principaux choix de l’Algérie en matière de « Corporate Governance », les motivations des dirigeants des entreprises, les formes des organes de direction et les caractéristiques des membres des conseils d’administration et de surveillance, le rôle du conseil d’administration en tant qu’organe de contrôle de la bonne gestion des entreprises, ainsi que le fonctionnement du conseil d’administration.
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    Gouvernance territoriale en zone de montagne : Cas du massif des Bibans dans la wilaya de Béjaïa, Commune d’Ighil Ali
    (2026-02-19) CHOUAKI, Salah
    Cette thèse porte sur la gouvernance territoriale en milieu montagnard en Algérie, à travers une étude approfondie du massif des Bibans dans la wilaya de Béjaïa, Commune d’Ighil Ali. L’objectif central est de comprendre dans quelle mesure les dispositifs institutionnels, les pratiques participatives et les ressources locales peuvent contribuer à un développement durable adapté aux spécificités des zones de montagne. En s’inscrivant dans un contexte marqué par une centralisation historique de l’Etat, la recherche interroge la capacité des collectivités locales à participer activement à la gestion de leur territoire, alors même qu’elles sont confrontées à de multiples vulnérabilités : isolement géographique, pauvreté, pression environnementale, faible accès aux infrastructures et aux services de base. La thèse adopte une approche méthodologique fondée sur le cadre des Moyens d’Existence Durable (MED), combinée à des outils participatifs (entretiens, cartes, diagnostics de genre, transects historiques, focus groups, MARP) et à une analyse multi-niveaux. Elle repose sur une enquête de terrain menée dans quatre villages représentatifs du massif : Kalâa, Tazla, Tiniri et Bélayel. Cette approche permet de dresser un diagnostic précis des contextes de vulnérabilité et de mettre en évidence les stratégies de résilience développées localement. Les résultats montrent que la gouvernance territoriale en Algérie reste largement théorique et peu opérationnelle, particulièrement dans les régions montagneuses. Malgré les réformes annoncées et les dispositifs tels que la Politique du Renouveau Rural (PRR) ou les Projets de Proximité de Développement Rural Intégré (PPDRI), les collectivités locales peinent à jouer un rôle actif, faute de compétences transférées, de moyens financiers suffisants et d’un cadre institutionnel clair. La participation locale, bien que présente dans les discours, reste faible et souvent instrumentalisée. Le capital social des communautés, solidarité, réseaux d’entraide, savoirs locaux, n’est pas suffisamment mobilisé comme levier de développement, alors qu’il pourrait compenser certaines faiblesses structurelles. La recherche souligne que la durabilité des politiques publiques repose sur une meilleure articulation entre les échelles de gouvernance, sur une reconnaissance des ressources territoriales (naturelles, sociales, culturelles) et sur l’institutionnalisation de mécanismes de concertation et de médiation. Elle recommande un renforcement effectif de la décentralisation, une formation ciblée des acteurs locaux, l’intégration du capital social dans les outils de planification, et la promotion de stratégies économiques adaptées (diversification, produits de terroir, tourisme durable). Inspirée par les travaux de chercheurs, la thèse plaide pour une gouvernance polycentrique, résiliente et centrée sur les dynamiques locales. Un changement de paradigme est nécessaire pour que la gouvernance territoriale devienne un levier réel de développement durable dans les zones de montagne : un paradigme fondé sur la participation, l’autonomie locale, la valorisation des savoirs endogènes et la justice territoriale.