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Approches intégrées de la sélection assistée par marqueurs et de l’évaluation agronomique pour l’amélioration de la stabilité du rendement et de la résistance aux maladies chez le blé tendre (Triticum aestivum L.)
(2026-05-23) DJENADI, Chafika
L’amélioration génétique du blé tendre (Triticum aestivum L.) en Algérie constitue un enjeu stratégique majeur face aux changements agroclimatiques et aux exigences croissantes en matière de sécurité alimentaire. Les approches conventionnelles de sélection montrent des limites pour l’amélioration de caractères complexes, fortement influencés par les interactions génotype × environnement. Dans ce contexte, cette thèse s’inscrit dans une démarche d’amélioration durable du blé tendre, fondée sur une approche intégrée combinant l’analyse de la diversité génétique, la sélection assistée par marqueurs et l’évaluation multienvironnements, afin d’identifier des génotypes à la fois performants, stables et résilients. Une première étape a concerné la caractérisation moléculaire de 43 génotypes de blé tendre, incluant 11 lignées locales et 32 lignées introduites, à l’aide de marqueurs fonctionnels associés aux gènes de résistance aux maladies foliaires (Lr, Sr), aux gènes de nanisme (Rht) et la floraison (Ppd). Les résultats ont mis en évidence une base génétique relativement étroite du germplasm algérien, tandis que les lignées introduites ont permis d’élargir la diversité allélique exploitable. Dans une seconde phase, sept populations F₂ issues de croisements ciblés ont été développées afin d’accélérer le progrès génétique. Deux populations ont fait l’objet d’analyses approfondies : une population de lignées doublées haploïdes (DH) issue du croisement Hidhab × Parula et une population de lignées recombinantes fixées (RILs) dérivée du croisement Hidhab × Kharouba. L’évaluation agronomique et moléculaire des DH a permis de sélectionner 54 lignées ideotype sur la base de leurs performances agronomiques baser sur l indice MGIDI, et d’identifier 61 lignées DH porteuses de combinaisons favorables de gènes de résistance (Lr34, Lr46) et de nanisme (Rht1/Rht2), parmi lesquelles 13 lignées élites se sont distinguées par un fort potentiel de rendement, une bonne précocité et une résistance durable aux rouilles. La dernière étude de cette thèse a porté sur l’analyse de l’adaptabilité et de la stabilité de 63 lignées recombinantes de blé tendre évaluées dans 3 environnements agroécologiques contrastés (Constantine, Blida et Tiaret). Les analyses de variance et le modèle AMMI ont mis en évidence une interaction génotype × environnement significative, traduisant une réponse différenciée des génotypes selon les sites. L’analyse AMMI a permis d’identifier 5 lignées à large stabilité, ainsi que 7 lignées spécifiquement adaptées à Constantine et 8 lignées adaptées à Blida. L’analyse AMMI de second ordre a confirmé ces résultats, en identifiant respectivement 6, 8 et 6 lignées bien adaptées à Constantine, Blida et Tiaret. Les indices de stabilité WAASB et WAASBY ont permis de sélectionner 8 lignées combinant stabilité globale et performance, tandis que les approches multitrait MTSI-WAASB et MTSI-WAASBY ont conduit à la sélection de 8 et 10 lignées supérieures, respectivement. Par ailleurs, l’indice MGIDI a mis en évidence 10 lignées performantes à Constantine, 8 à Blida et 9 à Tiaret. L’ensemble de ces résultats confirme l’intérêt des approches multi-environnements et multitrait pour identifier des génotypes à large adaptation ou à adaptation spécifique, en appui aux programmes nationaux d’amélioration du blé tendre en Algérie. Dans l’ensemble, cette thèse démontre que l’intégration de la génomique appliquée, de la gestion raisonnée de la diversité génétique, de l’accélération des cycles de sélection et des méthodes avancées d’analyse multienvironnements constitue une stratégie efficace pour orienter les programmes nationaux vers le développement de variétés de blé tendre productives, stables et adaptées aux contraintes agroclimatiques actuelles et futures.
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Etude de la résilience des sélections de pois protéagineux en culture pure et en association sous déficit hydrique
(2026-04-27) TIFEST, Chems eddine
Le pois protéagineux (Pisum sativum L.) est une culture stratégique pour les systèmes agricoles méditerranéens en raison de sa richesse en protéines, de sa capacité de fixation symbiotique de l’azote et de son rôle structurant dans la durabilité des rotations céréalières. Dans un contexte de changement climatique marqué par une forte variabilité pluviométrique et des contraintes croissantes sur les sols et l’eau, l’amélioration conjointe de la productivité, de la stabilité et de la résilience de cette culture constitue un levier essentiel pour la durabilité des systèmes pluviaux. Cette thèse visait à analyser la performance agronomique, la stabilité et l’adaptation de génotypes de pois protéagineux issus de différentes approches de sélection (génomique, phénotypique et évolutive) à travers des environnements contrastés, du subhumide au semiaride en Algérie. Entre 2021 et 2024, trois dispositifs expérimentaux complémentaires ont été mis en œuvre sur un ensemble de 37 génotypes, combinant évaluations en monoculture, en association avec l’orge et sous conditions de stress hydrique plus marqué. L’évaluation pluriannuelle en monoculture a montré une forte influence de l’environnement, qui expliquait plus de 50 % de la variation du rendement en grain, confirmant la sensibilité du pois aux conditions climatiques annuelles. Dans ce contexte, les génotypes issus de la sélection génomique se sont distingués par des performances supérieures et une stabilité accrue. Les lignées AI_S118 et AI_L155, ainsi que evpop_AL, KI_S8 et KI_41, ont présenté les meilleures combinaisons rendement–stabilité, dépassant les témoins de référence et montrant un fort potentiel d’adaptation aux environnements subhumides. Ces résultats ont été consolidés par l’étude des associations pois–orge, qui a permis d’évaluer la plasticité des génotypes dans des systèmes de culture plus complexes. Les analyses AMMI et ACP ont mis en évidence des différences nettes entre génotypes et systèmes, tant pour le rendement en grain que pour la production de paille. Le génotype KI_S8 s’est distingué par sa polyvalence et montre une bonne capacité d’adaptation dans les deux systèmes. evpop_AL a performé en monoculture, tandis que KI_S78 a offert une bonne productivité en association. Certains génotypes (KA_S106 et AI_L15,) ont favorisé des rendements élevés en paille d’orge, soulignant la complémentarité fonctionnelle entre espèces et l’intérêt agronomique des associations culturales. Enfin, l’extension des essais aux environnements semi-arides a permis de tester la robustesse des génotypes sous contrainte hydrique. Les analyses AMMI et GGE ont identifié plusieurs génotypes stables et performants pour la production de paille, notamment AI_S118, AI_S6, KI_S125 et KA_L250. La prédominance de génotypes issus de la sélection génomique parmi les mieux classés confirme la supériorité globale de cette approche, déjà observée en monoculture et en association. Certains génotypes, tels que evpop_AL, KA_S106 et KA_156, ont montré une stabilité remarquable à travers les environnements subhumide et semi-aride, illustrant leur large adaptation. En considérant l’ensemble des cinq environnements, evpop_AL, AI_S6 et AI_S118 se sont distingués par leur performance élevée et leur stabilité, traduisant une large adaptation interannuelle et interrégionale. Dans l’ensemble, cette étude démontre que la combinaison d’approches de sélection et l’évaluation intégrée des génotypes à travers différents systèmes de culture et gradients environnementaux constituent une stratégie efficace pour identifier des variétés de pois protéagineux productives, stables et résilientes. L’utilisation conjointe des analyses multi-environnements (AMMI, GGE) a permis de mieux comprendre les interactions génotype × environnement et d’orienter les programmes d’amélioration variétale vers des idéotypes adaptés à la variabilité climatique croissante des systèmes méditerranéens.
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Intensification céréalière et performance technico-économique des exploitations agricoles en zones semi-arides : Analyse des systèmes de production du blé en Algérie cas de la wilaya de Sétif (Algérie)
(2026-07-07) ALLILOUCHE, Asma
Cette recherche s’inscrit dans une réflexion approfondie sur les déterminants de la performance économique des exploitations céréalières dans la wilaya de Sétif, région stratégique de la production de blé en Algérie. Face aux enjeux croissants de sécurité alimentaire, de variabilité climatique et de durabilité des systèmes agricoles, l’étude vise à analyser les coûts de production du blé et à évaluer les écarts de performance entre exploitations selon leurs caractéristiques agro-écologiques et structurelles. L’approche méthodologique repose sur l’exploitation de données issues d’enquêtes de terrain menées auprès d’un échantillon représentatif d’exploitations céréalières. L’analyse combine des outils statistiques descriptifs, une comparaison inter-zonale (zones nord, centre et sud) et une lecture économique des structures de coûts, permettant d’identifier les principaux déterminants de la rentabilité. Les indicateurs mobilisés portent notamment sur les charges variables et fixes, les coûts unitaires de production, les rendements et les marges économiques. Les résultats mettent en évidence une forte hétérogénéité des performances selon les zones agro-écologiques. La zone centrale se distingue par une meilleure efficience technicoéconomique, résultant d’une intensification plus maîtrisée et d’une organisation productive plus performante. À l’inverse, la zone nord, bien que dotée d’un potentiel agronomique important, présente des performances contrastées, tandis que la zone sud demeure contrainte par des conditions climatiques défavorables limitant les possibilités d’intensification. L’étude souligne ainsi que la performance économique des exploitations dépend moins du volume des intrants mobilisés que de leur adéquation aux conditions locales et aux capacités de gestion des exploitants. Ces résultats mettent en évidence la nécessité d’adopter des politiques agricoles différenciées et territorialisées, fondées sur une meilleure prise en compte des spécificités agro-écologiques. Ils soulignent également l’importance de renforcer l’accompagnement technique, la diffusion de pratiques adaptées et l’optimisation des systèmes de production afin de favoriser une intensification durable et économiquement viable de la céréaliculture en Algérie.
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Évaluation de la mise en œuvre et de l'équité des politiques foncières redistributives de mise en valeur en Algérie : une analyse de l'écart entre le cadre légal et les pratiques locales.
(2026-06-16) BAROUD, Khadidja
Cette thèse s’intéresse à l’évaluation des politiques redistributives de mise en valeur des terres agricoles en Algérie, en analysant les écarts entre le cadre légal et les pratiques locales, ainsi que leurs incidences sur l’équité dans l’accès au foncier. À travers une approche comparative menée dans les wilayas de Laghouat et d’El Oued, combinant entretiens qualitatifs et analyses quantitatives, ce travail met en lumière une application différenciée des dispositifs selon les contextes locaux et la capacité des acteurs, tant institutionnels que locaux, à contourner ou à adapter les règles, ainsi que la présence d’une iniquité procédurale, notamment dans la Grande MEV. L’analyse de l’écart à la règle se décline sur deux plans complémentaires : celui des pratiques administratives et celui des comportements des populations cibles. Les résultats révèlent un décalage entre la temporalité politique (intentions législatives) et la temporalité administrative (pratiques concrètes sur le terrain). Bien que les agents de l’administration respectent globalement le cadre légal, ils exploitent les marges d’interprétation et les zones floues des textes pour adapter leur action aux réalités locales, pour faciliter la MEO des politiques ou de satisfaire des intérêts particuliers. Les interactions entre les responsables locaux et leur contexte social engendrent, à leur tour, une pluralité d’adaptations, conduisant parfois à une application partielle, modifiée, voire à une inapplication de la politique. Ces écarts, souvent tolérés, résultent autant des limites institutionnelles que de considérations sociales et productives. L’analyse des réactions des populations cibles face aux politiques de MEV des terres révèle trois dynamiques majeures. D’abord, les conditions d’accès à la terre ont favorisé une forte individualisation, souvent non régularisée, à l’origine d’un marché foncier informel. Ce dernier, bien qu’en marge du cadre légal, a contribué à un usage productif des terres et à l’émergence d’exploitants performants. Ensuite, les modes d’usage se distinguent par une grande diversité, liée aux profils des agriculteurs et aux ressources disponibles, traduisant la modernisation progressive de l’agriculture familiale. Enfin, l’évaluation de l’efficacité technique met en évidence un potentiel productif important, avec des exploitations informelles parfois plus performantes que les formelles, soulignant la capacité d’adaptation et d’innovation des agriculteurs locaux malgré les contraintes institutionnelles. L’analyse des mécanismes d’attribution foncière montre, par ailleurs, une iniquité procédurale marquée, notamment par l’opposition entre la petite et la grande mise en valeur. Dans la petite MEV, la redistribution foncière repose sur une légitimation locale, fondée sur des critères de besoin et de droit d’usage. Cependant, malgré son apparente équité, la procédure demeure encadrée et limitée par l’administration. À l’inverse, la grande MEV repose exclusivement sur le critère économique de la capacité d’investissement. Les terres sont attribuées à des investisseurs souvent extérieurs à la localité, avec un fort appui politique des cadres de l’État. Cette orientation, bien qu’appuyée par des objectifs de développement et d’emploi, génère localement un sentiment d’injustice et d’exclusion.
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Le système d’innovation agricole, rôle des acteurs privés : cas du maraichage sous serre à Biskra – Algérie
(2026-06-16) LAOUAR, Nadhir
Cette thèse de doctorat analyse la reconfiguration du Système d'Innovation Agricole (SIA) dans le bassin maraîcher sous serre de Biskra (Algérie), suite au désengagement de l’État des services de vulgarisation. Elle interroge la manière dont les acteurs privés de l'agrofourniture ont investi ce vide institutionnel pour gouverner les trajectoires d'innovation. Adoptant une démarche méthodologique triangulée, la recherche combine l'analyse stratégique des jeux d’acteurs (MACTOR), l'Analyse des Réseaux Sociaux (SNA) et la classification statistique multidimensionnelle (AFCM/CAH). Les résultats démontrent que la privatisation a engendré une marchandisation du conseil agricole. Les détaillants d'intrants imposent leurs choix technologiques par le mécanisme des « marchés liés », en conditionnant le conseil à l'octroi d'un crédit informel, ce qui enferme le territoire dans un verrouillage socio-technique chimio-intensif. La cartographie réticulaire révèle un réseau asymétrique à topologie « Scale-Free », hautement performant pour la diffusion technologique rapide, mais structurellement vulnérable en raison de sa dépendance à quelques super-pivots marchands. Enfin, la typologie des détaillants prouve que le secteur privé est profondément stratifié : le rôle de « courtier d'innovation » est confisqué par une élite commerciale dotée d'un fort capital socio-économique, précarisant les petits producteurs et les métayers. La thèse conclut sur la nécessité d'une gouvernance hybride réintroduisant un conseil public neutre pour garantir la durabilité écologique et l'équité sociale.